Remèdes de bonne femme, par mamie Mifa
1. Ne jamais s'asseoir devant une page blanche avant de savoir ce qu'on va y mettre. Sinon, le mimétisme inconscient agissant, vous serez aussi
vide que ce que vous fixez convulsivement.
2. Vous ne savez pas quoi y mettre ?
Les solutions :
A - Ouvrez un dictionnaire, une encyclopédie, un roman de gare ou de Nobélisé, et vous pointez un mot. Pas besoin de tricher, à ce stade :
si le mot n'est pas commode, le défi n'en est que plus stimulant. Le reste, c'est de l'habillage. Tout le monde sait raconter une histoire. Racontez-là à votre chat, à votre lavabo, à votre
cafetière… Ou testez-la en famille : vous récolterez bien deux ou trois idées farfelues.
B - Une image fera le même travail. Dans le journal, sur le Web, devant la télé en zappant.
C - Si rien ne marche, revenez en arrière ( selon l'adage : un pas en arrière, deux pas en avant – oui, bon, dans les manifs,
c'est plutôt un pas en avant, deux pas en arrière ). En arrière, c'est-à-dire revenir aux bons vieux poncifs de la littérature, qui ont vu naître tous les chefs-d'œuvre : L'amour contrarié (Roméo
et Juliette), le conflit devoir-amour (Le Cid), la fresque guerrière ( Guerre et paix, ou Astérix), la saga familiale, et j'en passe…
Il y aussi le genre polar. C'est le plus fertile. Rien que choisir l'arme du crime, ça vous occupera bien 15 jours. Il y a un tel choix !!! Ensuite
vous devrez trouver une victime, puis un assassin, puis un lieu, de préférence un pays où vous n'avez jamais mis les pieds mais sur lequel vous vous documenterez facilement : Goo… est votre ami
!!! (Et les Offices du Tourisme très aimables…) Ensuite vous aurez besoin d'un enquêteur pas très frais mais efficace, addict à quelque chose. Au choix ; cigarette, whisky, p'tites pépées (Lemmy
caution). Puis il vous faudra éparpiller le puzzle avant de le reconstituer au fil des chapitres. Et bien avant d'avoir écrit la page 50 vous vous rendrez compte que vous n'avez plus besoin de
mes remèdes : car vous aurez alors du boulot pour 300 ans, au moins… Et pas la moindre page blanche à affronter. N'hésitez pas à acheter quelques rames d'avance, les prix montent vite.
3. Si vous n'avez pas encore décollé de votre chaise, il vous reste la solution du haiku. Vous superposez trois phrases courtes sans rapport
apparent, et vous publiez. En Occident, stictement. Ailleurs, ils savent ce que c'est qu'un haiku.
Et vous pourrez vous réjouir d'avoir vaincu cette vaincu la fameuse page blanche.
Petits mots en passant