Contes et mythes de la Création

Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 13:28

           Souffles

    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots :
    C’est le Souffle des ancêtres.
    
    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
    Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
    Et dans l’ombre qui s’épaissit.
    Les Morts ne sont pas sous la Terre :
    Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
    Ils sont dans le Bois qui gémit,
    Ils sont dans l’Eau qui coule,
    Ils sont dans l’Eau qui dort,
    Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
    Les Morts ne sont pas morts.
    
    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots :
    C’est le Souffle des Ancêtres morts,
    Qui ne sont pas partis
    Qui ne sont pas sous la Terre
    Qui ne sont pas morts.
    
    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
    Ils sont dans le Sein de la Femme,
    Ils sont dans l’Enfant qui vagit
    Et dans le Tison qui s’enflamme.
    Les Morts ne sont pas sous la Terre :
    Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
    Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
    Ils sont dans le Rocher qui geint,
    Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
    Les Morts ne sont pas morts.
    
    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots,
    C’est le Souffle des Ancêtres.
    
    Il redit chaque jour le Pacte,
    Le grand Pacte qui lie,
    Qui lie à la Loi notre Sort,
    Aux Actes des Souffles plus forts
    Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
    Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
    La lourde Loi qui nous lie aux Actes
    Des Souffles qui se meurent
    Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
    Des Souffles qui se meuvent
    Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
    Des Souffles qui demeurent
    Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
    Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
    Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
    Des Souffles plus forts qui ont pris
    Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
    Des Morts qui ne sont pas partis,
    Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.
    
    Ecoute plus souvent
    Les Choses que les Etres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Ecoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots,
    C’est le Souffle des Ancêtres.

                   Birago Diop
Par minimifa - Publié dans : Contes et mythes de la Création
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 06:01


                                    

                                                               

                               

                

Sources :
Peinture rupestre : photo Ti jouvin
Cathédrale de Montpellier : photo de Wolfgang Staudt
Martin Luther King
Kim par Nick Ut
Anthologie du poème court japonais
Gallimard
Par minimifa - Publié dans : Contes et mythes de la Création
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 06:01
Scène de vie

Avant la Création
:


     Pour certains peuples, c'était " le temps du rêve" dont la carte s'inscrit aujourd'hui dans la Terre (Australie). Pour d'autres, plusieurs Créations se sont succédées (Aztèques, Mayas). Pour d'autres encore, tout est né du vide (Tibet), de la volonté d'un ou plusieurs dieux (Inde, Japon, Mayas, Europe), d'un Grand Esprit (Amérindiens)ou encore de la mort d'un géant, Ymir, surgi d'un vide béant (Scandinavie) :
    "Autrefois, il n'y avait rien,
    Ni sable, ni mer, ni vagues froides.
    Ni terre, ni ciel non plus.
    Seul existait l'abîme béant.
    Le soleil ne connaissait pas sa demeure
    Et la lune ignorait son royaume.
    Les étoiles n'avaient pas trouvé leur place."
    (Mythe celte)
             "De la chair d'Ymir
              La terre fut façonnée,
              Et de ses os,
              Les montagnes,
              Le ciel, du crâne
              Du géant froid comme givre
              Et de son sang,
               La mer." (1)

La Création du monde (Inuit)
(d'après) Tulugauguk, Corbeau le père

     "A l'origine, il n'y avait rien. Seulement les ténèbres. Et lui, Corbeau, tout petit et tout frêle."
     Mais Corbeau s'ennuyait, tout seul, à ne rien faire. Comme il ne savait pas encore voler, il s'avança en sautillant, et au fur et à mesure surgirent l'herbe, les montagnes et les fleuves.
     Il se trouva soudain devant un abîme, et déployant ses ailes, comprit qu'il était Tulugauguk, Corbeau le père de toute vie. Plongeant dans l'abîme, il y créa tout ce qu'il avait déjà crée en haut, et pour dissiper les ténèbres  il jeta un caillou dans le ciel et ce fut le soleil. Et soudain, de la cosse d'une haute plante jaillit… un homme ! D'abord effrayé, Corbeau offrit à l'homme quelques baies, puis, pour le rassasier, façonna dans l'argile des bœufs musqués et des caribous qui s'enfuirent dans la plaine. Il lui donna alors un arc et des flèches et lui apprit à chasser.
     Hélas ! les hommes, dans leur cupidité, tuèrent de plus en plus d'animaux de sorte que Tulugauguk retourna au ciel. Il reviendra un jour, si les hommes retrouvent le respect des caribous et des bœufs musqués
Mythes et légendes du monde entier
Josette Gonier, illustrations de Michael Fiodorov
Editions Gautier-Languereau

(1)Yggdrasill
La religion des anciens scandinaves

Régis Boyer
Éditions Payot

Par minimifa - Publié dans : Contes et mythes de la Création
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /2008 06:01



       Le monde est né du vide, mais il contenait déjà toutes les formes et tous les phénomènes de l'univers. La lumière est apparue la première… Juste au centre de l'univers, le mont Mérou, uniquement peuplé de dieux, émergea des eaux.
       Il était une fois…le Tibet.
       Ce n'était qu'un immense lac, qui s'assécha, s'évapora et devint une immense forêt, seulement peuplé d'animaux sauvages et de démons. Devant ce spectacle désolant, le Bodhisattva Avalokiteshvara claqua des doigts et de sa paume naquit un singe, mais un singe fort sage, qui méditait sur l'amour et la sagesse et accepta d'épouser une démone affligée par sa solitude.
       De leur union naquirent six fils, qui se multiplièrent, perdirent leur queue de singe et apprirent à parler. Ils donnèrent naissance aux six tribus dont les descendants peuplent encore le pays des neiges. Il y a 3000 ans, un sage nommé Shenrab Miwo descendit du ciel et apprit aux hommes apeurés à se protéger des démons et des esprits malfaisants. Il fonda la tradition Bön et supprima les sacrifices d'animaux.
        En Inde allait naître de la reine Mayadevi, du clan des Gautama, un enfant miraculeux qu'on appellerait Siddhartha Gautama, le sage des Shakyas.

(d'après) La mythologie tibétaine
Anne Tardy
illustrée par Elene Usdine
avec une préface de Matthieu Ricard
Actes Sud


Par minimifa - Publié dans : Contes et mythes de la Création
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés