Dimanche 1 mars 2009
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Souffles
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.
Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.
Birago Diop
Par minimifa
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Publié dans : Contes et mythes de la Création
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Jeudi 20 novembre 2008
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Par minimifa
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Publié dans : Contes et mythes de la Création
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Mercredi 19 novembre 2008
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Pour certains peuples, c'était " le temps du rêve" dont la
carte s'inscrit aujourd'hui dans la Terre (Australie). Pour d'autres, plusieurs Créations se sont succédées (Aztèques, Mayas). Pour d'autres encore, tout est né du vide (Tibet),
de la volonté d'un ou plusieurs dieux (Inde, Japon, Mayas, Europe), d'un Grand Esprit (Amérindiens)ou encore de la mort d'un géant, Ymir, surgi d'un vide béant (Scandinavie) :
"Autrefois, il n'y avait rien,
Ni sable, ni mer, ni vagues froides.
Ni terre, ni ciel non plus.
Seul existait l'abîme béant.
Le soleil ne connaissait pas sa demeure
Et la lune ignorait son royaume.
Les étoiles n'avaient pas trouvé leur place."
(Mythe celte)
"De la chair
d'Ymir
La terre fut
façonnée,
Et de ses os,
Les montagnes,
Le ciel, du crâne
Du géant froid comme givre
Et de son sang,
La mer." (1)
La Création du monde (Inuit)
(d'après) Tulugauguk, Corbeau le père
"A l'origine, il n'y avait rien. Seulement les ténèbres. Et lui, Corbeau, tout petit et tout frêle."
Mais Corbeau s'ennuyait, tout seul, à ne rien faire. Comme il ne savait pas encore voler, il s'avança en sautillant, et au fur et à mesure surgirent l'herbe, les
montagnes et les fleuves.
Il se trouva soudain devant un abîme, et déployant ses ailes, comprit qu'il était Tulugauguk, Corbeau le père de toute vie. Plongeant dans l'abîme, il y créa tout ce
qu'il avait déjà crée en haut, et pour dissiper les ténèbres il jeta un caillou dans le ciel et ce fut le soleil. Et soudain, de la cosse d'une haute plante jaillit… un homme ! D'abord
effrayé, Corbeau offrit à l'homme quelques baies, puis, pour le rassasier, façonna dans l'argile des bœufs musqués et des caribous qui s'enfuirent dans la plaine. Il lui donna alors un arc et des
flèches et lui apprit à chasser.
Hélas ! les hommes, dans leur cupidité, tuèrent de plus en plus d'animaux de sorte que Tulugauguk retourna au ciel. Il reviendra un jour, si les hommes retrouvent le
respect des caribous et des bœufs musqués
Mythes et légendes du monde entier
Josette Gonier, illustrations de Michael Fiodorov
Editions Gautier-Languereau
(1)Yggdrasill
La religion des anciens scandinaves
Régis Boyer
Éditions Payot
Par minimifa
-
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Mardi 18 novembre 2008
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Le monde est né du vide, mais il contenait déjà
toutes les formes et tous les phénomènes de l'univers. La lumière est apparue la première… Juste au centre de l'univers, le mont Mérou, uniquement peuplé de dieux, émergea des eaux.
Il était une fois…le Tibet.
Ce n'était qu'un immense lac, qui s'assécha, s'évapora et devint une immense forêt, seulement peuplé d'animaux sauvages et de démons. Devant ce spectacle
désolant, le Bodhisattva Avalokiteshvara claqua des doigts et de sa paume naquit un singe, mais un singe fort sage, qui méditait sur l'amour et la sagesse et accepta d'épouser une démone affligée
par sa solitude.
De leur union naquirent six fils, qui se multiplièrent, perdirent leur queue de singe et apprirent à parler. Ils donnèrent naissance aux six tribus dont les
descendants peuplent encore le pays des neiges. Il y a 3000 ans, un sage nommé Shenrab Miwo descendit du ciel et apprit aux hommes apeurés à se protéger des démons et des esprits malfaisants. Il
fonda la tradition Bön et supprima les sacrifices d'animaux.
En Inde allait naître de la reine Mayadevi, du clan des Gautama, un enfant miraculeux qu'on appellerait Siddhartha Gautama, le sage des Shakyas.
(d'après) La mythologie tibétaine
Anne Tardy
illustrée par Elene Usdine
avec une préface de Matthieu Ricard
Actes Sud
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Petits mots en passant